Non aux fermetures d’écoles et de classes !
Merci Grand Corps Malade !
Ce blog a été crée en réaction à la décision de la mairie d'Issoire de fermer deux écoles du centre ville. Nous trouvons que cette décision irresponsable mérite un peu plus qu'un communiqué laconique nous plaçant devant le fait accompli. Les parents, les enfants et les professeurs concernés s'y opposent fermement !
Moulin
juin 20th, 2009 sur 22:04
Merci Grand Corps Malade pour cet état des lieux si vrai. J’ai travaillé plusieurs années en ZEP et enseigner à Issoire fut pour moi un choc positif: nous sommes sur cette ville des privilégiés en terme de moyens, il suffit ensuite de profiter de toutes ces opportunités pour donner le meilleur aux élèves.
La ZEP, c’est
- des tirs de balles dans le panneau d’affichage, qui viennent du haut des immeubles de la cité,
- ce sont des enfants qui n’osent pas rentrer chez eux parce qu’on les attend un peu plus loin pour leur casser la g….,
- c’est l’acceptation de la différence, qu’on vous dise « tu » au lieu de madame,
- c’est que les enfants ne veulent pas se donner la main pour faire la ronde parce qu’on ne donne pas la main à une fille quand on est un garçon,
- c’est le désarroi des jeunes enseignants qui débutent et cherchent non pas dans leur formation mais dans leurs tripes comment faire classe
- c’est faire la classe en SEGPA sans matériel parce que « ceux-là », ils cassent tout alors tu fais les maths sans règles, avec des calculatrices sans piles, la gym dehors et surtout pas dans le gymnase….
-etc…
Mais c’est aussi et surtout le sentiment d’impuissance certains jours mais d’autres jours d’avoir vraiment été utile à Pierre, Paul ou Mohamed.
Et ce sentiment de malaise grandissant, nous le ressentons de plus en plus nous les enseignants même sans travailler en ZEP, depuis une dizaine d’années: on nous demande d’être les meilleurs, de savoir tout enseigner, de nous former sans cesse mais seuls et chez soi de préférence et surtout sur notre temps libre, de s’adapter à grande vitesse aux réformes dont on ne perçoit que les effets négatifs: faire plus avec moins et ce n’est pas qu’une question de salaire
Mais même avec des moyens en matériel (comme à Issoire), ça devient dur car l’égalité des chances qui devrait passer par l’école, passe avant tout par la case « situation familiale », alors si en plus on enlève la case « école », qu’est-ce qui va rester ?
Ce sont des moyens humains qui manquent de plus en plus, on ne pense qu’à rationnaliser, déshumaniser en créant de grands groupes scolaires diriger par des surintendants, qui auront du temps mais sauront-ils rester prêts des préoccupations grandissantes des enseignants, des élèves et des familles ?
Seul le travail d’équipe peut aider à traverser cette crise du système éducatif, la mutualisation des savoirs et savoirs faire mais les coupes dans le budget ne font qu’entraîner des suppressions de postes donc des équipes en permanence destabilisées. Les écoles finissent par être elles-mêmes en concurrence au lieu de travailler dans la sérénité.
Si on nous foutait un peu la paix, au lieu de nous parler d’argent, de quotat d’élèves et de nouveaux programmes en permanence, on pourrait peut-être se concentrer sur l’essentiel, la transmission des savoirs, au lieu de perdre du temps et de l’énergie à comprendre ce qu’on attend de nous.