Non aux fermetures d’écoles et de classes !
Avec son autorisation, je publie ici la lettre que Madame Hélène PELLETIER, ancienne conseillère municipale, a envoyé au maire. J’ai juste supprimé ses coordonnées personnelles.
Hélène PELLETIER
ancienne conseillère municipale membre des Verts
Issoire le 24 avril 2009
Objet : fermeture des écoles du centre ville
Monsieur le Maire,
J’ai appris, comme beaucoup de nos concitoyens, par la Montagne du 4 avril et par la banderole accrochée aux murs de l’école maternelle de la rue du Palais (celle de l’école Albert Buisson a été décrochée par vos services !) l’annonce de la fermeture des écoles du centre ville. Je tiens à vous faire part de ma stupeur et je vous avoue que depuis, je ne cesse d’y penser tellement l’idée et la méthode me paraissent inconcevables.
Vous avez constitué un groupe de travail pour réfléchir sur le problème de la diminution des effectifs, des suppressions de postes et leurs conséquences sur les écoles de la ville. Je n’arrive pas à croire que ses membres n’aient trouvé qu’une seule réponse, la fermeture des écoles du centre et que vous et votre majorité ne voyaient pas d’autre solution que de suivre cet avis.
Le maire précédent avait créé une commission sur l’avenir des écoles qui je crois existe toujours, la réflexion avait déjà abouti à quelques pistes. Sont-elles écartées d’emblée parce qu’émises par une municipalité d’une autre couleur politique ?
Vous avez mis en place une réunion à destination des parents d’élèves des écoles concernées pour leur indiquer les modalités de fermeture (comme si cela était effectif alors que le conseil municipal n’a ni débattu ni délibéré et que des conseillers municipaux ne sont pas au courant !)
Voulant en savoir davantage, je suis donc venue ce 21 avril à Animatis, avec un petit retard, mais je crois avoir entendu l’essentiel.
J’ai donc assisté de votre part, de la part de votre majorité et de vos services à un discours fondé sur la nécessité.
Comme vous le savez, on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. En tout cas, votre majorité et vous, vos services n’ont parlé que de chiffres : nombre d’élèves, coût ( transport en particulier), nombre de m2, de kWh, de mètres qui séparent les écoles,…. Je n’ai pas entendu un mot concernant les enfants, leurs familles, concernant tout ce qui fait la vie d’une ville et de son cÅ“ur.
Vous appliquez la même logique libérale, celle qui entraîne au niveau national et international tant de suppressions d’emplois dans tous les secteurs, services publics, entreprises privées, tant de misère et qui fait que notre monde va si mal.
Ce qui arrive n’est pas inéluctable. À Meilhaud, par exemple, l’école a rouvert et a actuellement 3 classes. Au lieu de chasser les familles du centre ville, fragiliser davantage le commerce, conséquences immédiates de la fermeture des écoles du centre ville, faites travailler le service de l’urbanisme sur l’habitat au centre ville.
Vous avez les outils, le personnel pour réaliser cette politique de l’habitat. Il me semble que vous aviez bien compris l’importance de l’urbanisme alors j’ai envie de vous dire : foncez.
À l’échelon municipal, vous avez les moyens de faire autrement c’est là l’intérêt et le plaisir d’être élu que de proposer à nos concitoyens davantage de bien être dans leur quotidien.
Un nombre très important de parents d’élèves, enseignants, commerçants, simples citoyens ont exprimé depuis le 4 avril et en particulier le 21 le choix du maintien des écoles en centre ville. S’ils souhaitent tous, que la municipalité affecte leurs impôts, en priorité à l’école de proximité qui participe à rendre leur vie quotidienne plus facile, ce choix n’est-il pas respectable ?
Vous pouvez renoncer à ces fermetures (qui ne faisaient pas partie de votre programme) et appliquer ce que vous écriviez, mettre l’humain au centre de votre politique municipale.
En espérant être entendue, comme tous ceux qui vous alertent sur ce problème, je vous prie d’agréer. Monsieur le Maire, l’expression de ma considération distinguée
Intersyndicale
L’intersyndicale réunie ce soir à la Halle aux Grains à Issoire propose d’organiser une manifestation conjointe le 1er mai. Nous aurons l’occasion d’en reparler avec les parents d’élèves dès demain.
Vente exceptionnelle de pain
Le collectif des parents du groupe scolaire du Centre, vous invite à venir acheter votre baguette devant leurs écoles. Il s’agit de montrer que les commerçants et les écoles du centre ville sont solidaires dans le maintien de la vie du cÅ“ur de la ville.
Conseil Municipal
Suite à la réunion publique du mardi 21 avril organisée par M. le Maire, nous avons décidé d’être présents au Conseil Municipal du lundi 27 avril à 18h30.
Il est important de dire haut et fort, devant tous les conseillers municipaux, notre désaccord à la fermeture de nos 2 écoles du centre ville.
L’événement sera couvert médiatiquement ; votre présence est donc indispensable pour sauver nos écoles !!!
Rendez-vous lundi 27 avril à 18h15 dans la cour de la mairie d’Issoire
Quand on annonce une décision qui doit bouleverser le quotidien de nombreuses personnes de manière radicale, il est important de prévoir dans le processus de diffusion de cette décision un sous-projet « conduite du changement ».
Le changement c’est une démarche d’accompagnement face à des problèmes d’instabilité ou de développement de son environnement. La conduite du changement c’est à la fois anticiper, définir et mettre en place cette démarche.
La conduite du changement désigne :
L’ensemble de la démarche qui va de la perception d’un problème d’organisation à la définition d’un cadre d’actions qui permet l’élaboration, le choix et la mise en place d’une solution dans des conditions optimales de réussite.
La Mairie semble-t-il ne dispose pas de chefs de projets expérimentés pour qui ce sous-projet serait une évidence. La preuve ?
Elles sont multiples. Tout d’abord lors de la réunion du 21 avril, une présentation de diapositives a été diffusée. Un projet préparé et mûrement accompagné aurait utilisé les couleurs de la ville, ne serait-ce que pour affirmer son appartenance. Cette présentation n’aurait donc pas été sur fond blanc avec un dégradé de noir sur les bords mais aurait utilisé le bleu et jaune du blason de la ville. Et surtout, pour ne pas ajouter l’amateurisme à l’insulte, cette présentation n’aurait pas utilisé la police de caractère Comic sans MS pour diffuser le message sérieux qu’elle était censé représenter.
Des diagrammes ? Des schémas explicatifs ? Oui, ils auraient pu accompagner chaque idée pour expliquer la problématique et présenter les solutions à même de rassurer sur leur application. Au lieu de ça des tableaux obscurs avec des couleurs pâteuses étaient les garants d’un échec visuel. Ce qui a été le cas. Évidemment, la présentation brouillonne et la mauvaise maîtrise des chiffres du dossier a beaucoup aidé.
Il est temps pour la Mairie de travailler avec des consultants spécialisés en communication et de renoncer à un dossier « pipé ».
Les mots qui viennent à l’esprit : lamentable, pitoyable …
L’élève fait la leçon au Maître !
D’entrée, « Il professor » se fait rappeler à l’ordre sur le respect de la « Liberté d’expression » et celui dû à la personne.
Le piège était trop grossier … il se referme sur le Maire et son équipe !
Oui, le piège était évident ! À partir d’une logique purement comptable maladroitement étayée, sur la proposition d’une commission sur les débats de laquelle ses colistiers ne donnent pas l’impression d’avoir été informés, le Maire avait décidé, à la veille des vacances de Pâques [cf. les courriers envoyés et signés de sa main] de fermer les écoles du Centre [Maternelle de la rue du Palais et Primaire du Boulevard A. Buisson] à la rentrée 2010.
Fermer les écoles du Centre c’était, semble t-il, la bonne idée sortie du chapeau par quelques stratèges de son entourage. Tous les Directeurs d’école concernés n’ont pas été conviés à faire partie du groupe de travail. Les représentants des parents d’élèves non affiliés, non plus. La stratégie est restée secrète jusqu’au 2 avril et annoncée comme un « oukase ». Le « pied » en somme !
La mobilisation exceptionnelle et certainement imprévue des parents d’élèves, relayée par les commerçants du Centre-ville, l’a obligé à organiser, dans l’urgence, la réunion.
Pour mener cette réunion, le Maire avait sorti la « grosse artillerie » !
Une argumentation pléthorique préparée par son administration sur l’ensemble des écoles de la ville [300 pages nous a t-on fait savoir]. La caution [incongrue] de l’Inspection de l’’Éducation Nationale. La caution d’un groupe de travail chargé pendant une année [nous a t-on dit] de mener une réflexion sur « l’avenir des écoles d’Issoire ».
Trop usée, la « ficelle » est très rapidement rompue !
Le Maire [pourtant présenté comme un humaniste] nous a, d’emblée, donné l’impression qu’il défendait un dossier « pipé » ou dont il n’avait qu’une connaissance approximative. Pourtant la charge émotionnelle que cette décision fait peser sur les parents concernés et leurs enfants et, au-delà , sur une majorité d’Issoiriennes et d’Issoiriens, aurait du l’amener à plus de prudence.
Face à un auditoire considéré, à priori, comme peu réactif par nature, la ficelle c’était l’ordre du jour !
- Introduction de la séance par le Maire
- Avalanche de chiffres assénés par l’Administration communale
- Interprétation de l’Adjoint à l’Inspecteur de l’Éducation Nationale
- Présentation étayée de la décision prise
- Questions éventuelles
Un scénario idéal destiné à « endormir » les protestataires qui, de guerre lasse, devaient baisser pavillon, accepter « l’inéluctable », rengainer leurs oriflammes et rentrer chez eux marris mais nourris de la « parole sacrée ».
Un scénario trop bien huilé ! Sauf que les évènements récents, notamment dans le monde du travail, aurait du alerter notre édile local. Les Français ont changé [hé oui, même à Issoire !]. Ils en ont assez d’être pris pour des enfants ou pire pour des pigeons. Le peuple reprend ses droits. Il reprend conscience de sa force. Comme il fait les « rois », il sait qu’il peut aussi les défaire ! Ce ne sont pas les prétendants au trône qui manquent !
Une assurance mal assurée ! Les parents inversent la donne !
La remise en cause du scénario a complètement déstabilisé le « Maître » et son équipe.
Face à l’intérêt primordial des enfants, contre une argumentation purement comptable et visiblement orientée, ce sont les parents qui donnent la leçon.
Contre toute attente [car ils n’ont eu connaissance du dossier que tardivement et partiellement] ils connaissent parfaitement la situation de la ville d’Issoire. Ils exigent des clarifications qui ne viennent pas. Ils font des contre propositions cohérentes et bien documentées. Ils sont même confortés dans leur démarche par celui qui était là afin de cautionner la décision de fermeture [le sort réserve de cruelles surprises aux amateurs] !
Déterminés et solidaires, ils prennent le pouvoir face à une tribune aphone et inquiète. Comme dans les pires scénarii la classe en impose au Maître qui après avoir tenté d’épuiser des cartouches usées, penaud, décide, la tête dans les épaules, d’abandonner le cours et de lever la séance.
Il faut dire qu’entre temps un grand nombre de ses colistiers, en proie à des états d’âme évidents ou, comme la majorité des personnes présentes dans la salle, déçus par la contres performance avaient déjà subrepticement quitté la salle !
Quitté la salle et perdu leur âme comme cette malheureuse ancienne Directrice d’école, aujourd’hui Conseillère de la Majorité, qui reconnaît avoir, au sein d’un groupe de travail précédent, présenté un projet consensuel pour l’avenir des écoles mais avoue être à présent tenue à la discrétion par souci de solidarité politique partisane ! Jules Ferry a du se retourner dans sa tombe !
Par ailleurs, un enseignant d’une autre ville du Puy de Dôme venu encourager le combat du collectif s’étonne qu’une Municipalité de Gauche mette autant d’empressement à conforter, par ses décisions, la politique déflationniste mise en œuvre par le Gouvernement. Un comble !
Oui, Monsieur le Maire,
sous la pression du public, vous avez condescendu à laisser s’exprimer une « petite dame » du peuple d’Issoire !
Oui, Monsieur le Maire,
forcé et contraint vous n’avez ostensiblement manifesté aucun intérêt pour ses propos !
Oui, Monsieur le Maire,
à la fin de son exposé pourtant bien argumenté, avec le petit sourire narquois du théoricien de la rhétorique, vous lui avez dit que puisqu’elle n’avait rien compris (?!), magnanime, vous lui offriez l’occasion, ce soir, de s’informer.
Sauf qu’à la sortie, cette « petite dame », à vos yeux bien insignifiante, et ses amis ont démontré, tout au long de la réunion :
Au-delà du problème scolaire, ils vous ont également prouvé qu’ils avaient une haute idée de la citoyenneté et qu’ils avaient parfaitement intégré, eux, la problématique de l’avenir du centre ville.
À présent, comme toutes les Issoiriennes et les Issoiriens, ils attendent des actes ! La balle est dans votre camp ! Nous espérons que vous saurez la saisir !
Émile
Pour terminer la soirée sur une note plus souriante :
M*, 4 ans, a reçu récemment un calendrier en tissu sur lequel il peut déplacer avec des scratchs le jour, la météo, la saison, son humeur… et voici le résultat pour aujourd’hui :

à nos questions, il a simplement répondu :
« Je ne suis pas content car Monsieur le Maire veut fermer mon école. »
« Mais il n’y avait pas d’orage ni de pluie aujourd’hui ? »
« C’est parce qu’on est très en colère ! »
Pour commencer, je dois préciser qu’il ne s’agira pas de ma part d’un compte-rendu exhaustif de cette réunion publique, organisée par la Mairie. Nous nous sommes rendu tous les quatre à cette réunion et j’ai fait de nombreux allers-retours entre la salle et le hall pour jeter un oeil aux enfants qui trouvaient cette réunion bien longue et bien ennuyeuse… je n’ai donc pas tout entendu, ni tout vu !
Ce que j’en retiens ce soir : une réunion très mal préparée par la municipalité qui ne s’y serait pas pris autrement si elle avait voulu démonter son propre projet ! En effet, après un discours d’introduction du Maire, une intervention était prévue et qui a été légèrement retardée
pour présenter aux parents les chiffres expliquant et justifiant la décision de fermeture du groupe scolaire du Centre.
Je n’ai jamais entendu présentation plus floue (depuis certains exposés au lycée !) et plus mal argumentée. Les tableaux projetés nous présentaient des chiffres, censés illustrer l’argumentation… J’aime les chiffres et « parler avec des données factuelles et chiffrées », déformation professionnelle ? pas de chance pour le Monsieur en question dont ça n’a pas l’air d’être le fort…
Aucune source n’a d’abord été précisée. Insee ? peut-être, peut-être pas…
Les chiffres étaient arrondis : souci de simplification ? les parents d’élèves ne sont pas neu-neu et auraient compris avec les « vrais » chiffres et quelques pourcentages. Bref, des chiffres truqués auxquels on fait dire tout ce que l’on veut.
Je ne vais entrer dans le détail ce soir de ce qui m’a paru très baclé, très léger, beaucoup trop pour un sujet pareil.
En revanche, j’invite chacun à partager ses impressions sur la réunion de ce soir en commentant ces billets et/ou en écrivant un billet.
Mme MOULIN Christine, directrice de l’école maternelle du Centre
Mmes LAVIGNE et SALVY, adjointes de l’école maternelle du Centre
Rue du Palais
63500 ISSOIRE
04.73.89. 19.71
Issoire, le mardi 21 avril 2009
Mesdames et Messieurs les commerçants et les artisans de la ville d’Issoire,
Je tiens à m’associer à la réaction écrite du 20 avril 2009 de M. Geoffray dénonçant l’argumentation que M. le Maire vous a fait parvenir par courrier.
Tout d’abord notre école n’a jamais siégé à la commission « Avenir des écoles » si ce n est ce funeste jeudi 2 avril. Ni le représentant de l’équipe éducative, ni les parents d’élèves qui l’avaient pourtant demande. Je voudrais remettre les choses dans leur contexte en retraçant un petit historique :
en premier lieu, le large travail de réflexion, auquel nous étions partie prenante, qui avait déjà eu lieu avec l’équipe de M. Pascallon, s’était terminé par une proposition consensuelle de toutes les écoles.
dans un second lieu, après son élection, M. Magne a souhaité reformer une nouvelle commission de réflexion, en prenant grand soin que toutes les écoles ne soient pas représentées et comme par hasard la nôtre.
en troisième lieu, aucun retour d’informations ne nous est jamais parvenu ni par écrit, ni oralement, ni même au dernier conseil d’école le 31 mars 2009 (donc 2 jours avant que le couperet ne tombe).
en dernier lieu, ce jeudi 2 avril 2009, le secrétaire de M. le Maire m’informait que celui-ci souhaitait me rencontrer à 16h30 pour me « présenter un scénario qui nous concernait parmi d’autres possibles » selon ses dires. Ces scénarios devaient être présentés lors d’une réunion concernant l’Avenir des écoles une heure plus tard.
Finalement je me suis rendue à ce rendez-vous, accompagnée d’une adjointe, où M. le Maire a tenu selon ses propos à nous informer en personne et « avant que nous l’apprenions dans la presse » de sa décision de fermer les écoles du Centre.
Coup de grâce, la réunion de 17h30, à laquelle M. le Maire s’est senti obligé de nous inviter, pendant laquelle nous espérions l’exposé des différents scénarios. Là encore, M. le Maire a imposé sa décision et nous n’avons aucunement voté, comme ont pu l’interpréter certains, la décision de fermer notre propre école.
Je tiens à apporter un dernier correctif à l’argumentation de M. Magne :
effectifs en baisse constante : FAUX
locaux de la maternelle présentés comme vétustés : FAUX
abords peu fonctionnels et peu sécurisés : 2/3 des parents viennent à pieds !
38000 euros pour le déplacement des enfants au restaurant municipal : ce chiffre ne concerne pas que nos 2 écoles !
Ce démenti remet les choses dans le contexte présenté par la mairie. Je me tiens à votre disposition pour toutes informations complémentaires.
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Adjoints et Conseillers Municipaux,
Mesdames et Messieurs
Monsieur le Maire,
Nous ne sommes pas venus ce soir pour échanger avec vous ou vos Chefs de service sur les modalités éventuelles de la fermeture des écoles du centre à la rentrée 2010. Décision prise en catimini à la veille des vacances de Pâques.
C’est une éventualité que nous nous refusons d’envisager !
Non, nous n’acceptons pas la fermeture des écoles du centre !
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi, au nom des parents d’élèves concernés, au nom des forces vives du centre ville d’Issoire, au nom des équipes enseignantes dont la qualité et le mérite ne sont plus à démontrer, au nom des 1200 signataires de la pétition (obtenues en 2 jours) en cours que je vais vous remettre, de vous dire que nous sommes présents, ici, aujourd’hui, pour affirmer avec force et conviction que nous refusons la fermeture des écoles du centre.
Cette décision est inacceptable ! Cette décision est arbitraire ! Cette décision est incohérente ! Cette décision est intolérable tant par la forme que sur le fond.
Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux, en date du 6 avril, le Maire vous a fait parvenir un courrier d’explication. C’est la preuve que cette décision a été prise, sans concertation préalable, notamment avec les principaux intéressés, par le Maire et un groupe restreint baptisé du nom pompeux de « groupe de travail sur l’avenir des écoles ».
La décision a été prise sur la base d’une argumentation technique incomplète et non chiffrée que nous avons reçue très tardivement (le 20 avril) et dont nous refusons les conclusions.
En effet, et pour faire simple, concernant les effectifs, depuis 5 ans, ils sont constants s’agissant du primaire et en progression nette s’agissant de la maternelle (28 enfants). Les écoles du Centre sont bien représentatives de la vie d’un véritable quartier.
Par ailleurs, la configuration des écoles du Centre autorise l’accueil des enfants handicapés et/ou à mobilité réduite. Les écoles du Centre acceptent de les intégrer dans des classes dites normales. L’équipe pédagogique a acquis les savoir-faire en la matière (elles travaillent en liaison avec le SESSAD (Service d’Education et de Soins Spécialisés à Domicile), les psychologues, les kinés, le RASED, les ergothérapeutes, les AVS). Cela ne s’improvise pas.
Enfin, comment affirmer, Monsieur le Maire, que l’on veut « sauver le RASED » alors que l’on décide de fermer les écoles qui travaillent et ont des projets en commun avec lui ?
Les parents d’élèves sont davantage attachés à la valeur de l’enseignement dispensé plutôt qu’à la configuration des locaux. Ils rendent hommage à la qualité de l’équipe éducative de ces deux Écoles qui travaillent en parfaite symbiose dans l’intérêt des enfants.
Mesdames et Messieurs les Conseillers Municipaux, lors du prochain Conseil Municipal, devant les incohérences de ce dossier, lorsque vous serez conviés à entériner cette décision, nous espérons que vous, aussi, vous saurez dire non !
Dire non au dictât ! Dire non à l’exercice solitaire du pouvoir que Monsieur MAGNE a si longtemps stigmatisé. Dire non, en votre âme et conscience à une décision qui va encore, un peu plus, dévitaliser le centre ville d’Issoire et accentuer la paupérisation de ses habitants, en favorisant l’évasion vers le privé des enfants dont les parents le peuvent. Tous les efforts des équipes enseignantes pour resserrer les liens avec les parents seront réduits à néant.
Oui, cette décision va à l’encontre de tous les efforts déployés pour revitaliser le centre ville. D’ailleurs le Maire lui-même semble en avoir pris conscience puisqu’il s’est cru obligé d’adresser, toujours le 6 avril, un courrier rassurant aux commerçants.
Cependant, dan le courrier aux Conseillers Municipaux, il reconnaît (je cite ses propos) :
« Reste le choix des écoles du Centre, choix contestable à première vue au regard de l’objectif que nous partageons tous d’agir pour défendre et conforter la vitalité du centre-ville »
Et d’envisager, dans un élan poétique dont il a le secret, des logements ou des services publics ? Faut-il en conclure que l’école n’est pas un service public aux yeux de Monsieur le Maire ?
Nous sommes conscients du problème posé à Issoire par la chute du nombre d’élèves. À cet égard, nous avions suivi les réflexions du groupe de travail sur l’avenir des écoles mis en place par l’ancienne municipalité (je peux en parler puisque j’en faisais partie). Dans la concertation la plus ouverte, ce groupe avait proposé, notamment par mesure de sécurité, la fermeture des bâtiments de type PAILLERON de sinistre réfutation. L’incendie d’un bâtiment de ce type, il y a peu dans la région, devrait nous interpeller (à Montluçon un collège de type Pailleron a brûlé en 2007, en 7mn).
Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, vous êtes également garants de la sécurité de nos enfants !
Dans tous les cas, il est probable que très rapidement, au nom du principe de précaution, à l’instar de la décision prise par l’ensemble des Conseils Généraux, l’Europe ou le gouvernement interdira les bâtiments de type PAILLERON.
Monsieur le Maire, le coût, dans l’urgence, des restructurations à venir que vous laisserez à vos successeurs sera alors bien supérieur aux 38 000 € que vous avancez pour les transports scolaires d’aujourd’hui.
Ce point fait d’ailleurs débat car nous ne savons pas à quoi correspond ce chiffre. S’il ne concerne que les écoles du Centre il nous paraît excessif (2007-2008 15 000 € budgétés). Peut-être inclut-il d’autres prestations dont il faudrait parler.
À l’époque, toujours, une contre-proposition séduisante avait été formulée par Madame MAHÉ (ancienne Directrice de Barrière) soutenue par Monsieur SEFFRAY (représentant FCPE), dont les propos récents ne laissent aucun doute sur sa position partisane. Elle suggérait un regroupement, dans une structure nouvelle, des écoles primaires et maternelles de Bizaleix, Barrière et Murât. Aujourd’hui élue de la Majorité mais toujours attachée à l’intérêt général, Madame MAHÉ devrait nous apporter son soutien.
En conclusion, une concertation plus ouverte, avec les personnes directement concernées mais aussi avec les Issoiriennes et les Issoiriens vous aurait conduit, Monsieur le Maire, à prendre en compte d’autres considérations techniques mais aussi humaines, notamment :
Comme le coût et les problèmes de sécurité alimentaire induits par la mise en place d’une restauration généralisée dans les établissements scolaires maternels et primaires ? À ce titre permettez-nous de vous dire que les écoles du Centre pourraient également et à moindre frais être équipées.
Comme l’avenir de nos assistantes maternelles de la crèche familiale avec lesquelles vous avez passé un contrat annualisé et qui devront utiliser un véhicule pour accompagner les enfants dans les groupes scolaires périphériques ? Ne pas oublier les assistantes indépendantes.
Comme le coût de déplacement des enfants pour des activités culturelles en ville. Par exemple, à la médiathèque, à la Tour de l’Horloge… ?
Comme les problèmes de sécurité aux abords des autres groupes scolaires de la ville ? Bien plus importants que ceux soulevés autour des écoles du Centre (les 2/3 des enfants viennent à pied et ont un trajet court à effectuer) : peu de rues à traverser, peu de circulation en Centre ville (rues piétonnes), etc.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres que nous espérons avoir l’occasion de vous présenter, nous refusons la fermeture des écoles du centre. Nous exigeons que le dossier en cours soit retiré. Nous exigeons que le problème de l’avenir des écoles d’Issoire fasse l’objet d’une large concertation démocratique avec TOUS les acteurs concernés. Sans tabou et sans parti pris.
Non à la fermeture des écoles du Centre !
Les parents d’élèves.
Pascal Geoffray
Directeur de l’école du Centre
38, bd Albert Buisson 63500 Issoire
04 73 89 16 66
Issoire, le lundi 20 avril 2009
Mesdames et Messieurs les commerçants d’Issoire,
J’ai découvert, grâce à une parente d’élève, que Monsieur le Maire vous a adressé un courrier donnant « des » raisons de la fermeture des écoles du Centre d’Issoire.
Je vous écris pour vous apporter un rectificatif qui me semble important.
Les membres de la commission « Avenir des écoles », dont je faisais partie, étaient conviés à une réunion de travail le jeudi 2 avril 2009 à 17h30. L’ordre du jour était :
- adopter, définir la méthodologie permettant «d’avancer» sur le thème de l’évolution du dispositif scolaire de la Ville
- envisager les différentes éventuelles évolutions futures du paysage scolaire en tenant compte des multiples contraintes ( techniques, déplacements, accessibilité, travaux de remise à niveau, sécurité, etc. )
Ce jeudi 2 avril à 11h30, le directeur de cabinet de Monsieur le Maire m’informait que celui-ci désirait me rencontrer à 17h00. Lors de cet entretien, Monsieur le Maire et Madame la conseillère municipale en charge des affaires scolaires m’ont informé de leur décision (et non de leur proposition) de fermer les écoles du Centre.
En tant que fonctionnaire d’état, je ne peux contester une décision municipale.
Durant la réunion qui a suivi, le responsable des travaux de la Ville a présenté des atouts et des faiblesses de chaque école. Ses conclusions, discutables parfois, étaient incomplètes puisqu’il manquait des évaluations des coûts d’amélioration, de rénovation, de restructuration ou de construction des bâtiments scolaires. Le seul élément chiffré a été le coût du transport cantine pour les élèves du centre ville. (Il faut savoir qu’un logement de 175m2, situé dans l’école élémentaire, pourrait servir, après travaux, de cantine.) Monsieur le Maire en a conclu qu’il avait décidé de fermer les écoles du Centre pour la rentrée de septembre 2010. Ne pouvant donc contester cette décision, je ne pouvais que faire valoir qu’elle risquait d’entraîner la suppression de postes d’enseignants sur Issoire. Les représentants de parents et les enseignants ont demandé que la municipalité informe les parents dès le vendredi matin 3 avril puisque Monsieur le Maire avait déjà convoqué la presse ce même vendredi matin afin de communiquer la «nouvelle», preuve supplémentaire que la décision était déjà prise.
Restant à votre disposition pour de plus amples informations, veuillez recevoir, Mesdames et Messieurs les commerçants, mes sincères salutations.
Le directeur de l’école du Centre,
Pascal Geoffray
Copie transmise à Monsieur l’Inspecteur de l’Éducation Nationale
Jeudi 16 avril 2009
À l’attention de Mesdames et Messieurs les commerçants et artisans du centre-ville
Mesdames, Messieurs,
Diverses inquiétudes se sont exprimées quant à l’hypothèse d’une fermeture des écoles du Centre à la rentrée 2010. Comme mes collègues, j’entends l’émotion et l’incompréhension consécutives aux informations diffusées dans la presse à la suite de la réunion du 2 avril du groupe de travail sur l’avenir des écoles.
« Diverses inquiétudes », c’est joli comme euphémisme. On nous annonce tout de go, une restructuration majeure du centre ville et la conduite de projet pour gérer le changement est inexistante.
Il me semblait nécessaire, par ce courrier, de vous apporter une première série de réponses précises, tant sur la forme que sur le fond. Je suis par ailleurs favorable à ce que nous puissions évoquer ce sujet à l’occasion d’une réunion. Ainsi, je proposerai au Président de l’Office de Commerce de l’inscrire à l’ordre du jour d’une prochaine assemblée générale.
> Réduire le nombre de groupes scolaires de la ville d’Issoire : une décision qui s’impose logiquement pour des raisons pédagogiques et budgétaires
La chute du nombre d’élèves de 1900 à 1150 en 30 ans occasionne tous les ans des fermetures de classes imposées par l’Éducation Nationale et sur lesquelles la mairie n’a aucun pouvoir. Le risque est celui d’une « ruralisation » des écoles d’Issoire, nettement préjudiciable à la qualité de l’accueil des enfants. Renoncer à un groupe scolaire est la seule voie possible pour conforter les quatre autres.
La seule voie possible ? Ou la seule qu’on veut bien nous présenter ?
Ce choix est également dicté par le principe de bonne gestion des finances municipales. Les contribuables issoiriens ne peuvent pas raisonnablement continuer à supporter les charges de cinq groupes avec 40% d’enfants en moins et des normes d’hygiène, de confort et de sécurité de plus en plus strictes. Adapter le volume des locaux à la population scolarisée est un choix de bon sens et un choix responsable.
Une municipalité responsable pourrait se pencher, par exemple, sur le coût d’arrosage des toitures des Pailleron en été.
Face à un tel constat, mon prédécesseur avait d’ailleurs évoqué en 2007 un projet de fermeture de l’école de Barrière, projet qui avait rencontré une vive opposition et qui avait été abandonné.
> Le résultat d’une longue phase de concertation avec les directeurs d’écoles et les parents d’élèves
Au mois d’avril 2008, j’ai décidé de créer un groupe de concertation sur l’avenir des écoles. Ce groupe a été constitué de manière transparente et démocratique : 5 directeurs d’école, 4 représentants des fédérations de parents d’élèves, 2 représentants des parents d’élèves non-affiliés, 4 membres de la commission « écoles » du conseil municipal. L’opposition municipale n’a pas exprimé le souhait de faire partie de ce groupe de travail.
Pourquoi les directeurs concernés et les élus des parents d’élèves de la maternelle du centre n’ont pas eu la possibilité de s’y joindre pour, eux aussi, participer à la réflexion ?
Le groupe a visité en 2008 l’ensemble des bâtiments scolaires de la ville. Il s’est également informé sur les espaces extérieurs, les accès, l’environnement de chaque école. Un diagnostic partagé a été établi sur les avantages et les inconvénients de chaque bâtiment.
Où est le compte-rendu ?
Lors de la réunion du 2 avril dernier, le groupe a abouti à la conclusion unanime qu’il était préférable d’envisager la fermeture du, groupe scolaire du Centre. Aucune des personnes présentes – dont les chefs d’établissements concernés – ne s’est prononcée contre cette hypothèse.
Il y a des situations quand le ciel vous tombe sur la tête où l’on reste sans voix. Cela veut-il dire que l’on est pour ?
Par rapport aux autres groupes, les écoles du Centre présentent en effet les faiblesses suivantes :
Des effectifs en diminution constante liés à la politique urbanistique d’étalement urbain qui a prévalu ces 20 dernières années
Des locaux scolaires particulièremei vétustes (Albert-Buisson) entraînant des charges de rénovation importantes et n’offrant aucune possibilité d’extension
Des cours de récréation de faible dimension.
Des abords peu fonctionnels et peu sécurisés pour les voitures et les cars
L’absence de service périscolaire sur place (cantine, garderie…) dont le coût est exorbitant pour la collectivité. 38 000 euros sont nécessaires pour le déplacement des enfants au restaurant municipal, ainsi que la mobilisation de deux agents.
Chiffres et compte-rendu ?
Ces constats rationnels sont le fruit d’un long travail de concertation qu’il importe aux élus municipaux de respecter, avant que la proposition du groupe de travail ne fasse l’objet d’un débat démocratique et d’un vote en conseil municipal.
Puisque la réflexion a été longue, il serait malvenu de contester ?? Même si la décision est loin de présenter toutes les garanties ?
> L’avenir du centre-ville : il n’y a pas de fatalité si nous avons des projets !
Nous sommes curieux de les voir. Est-ce que la mort du centre-ville peut être vraiment considéré comme un projet d’avenir ?
Je n’ignore pas que l’avenir du centre-ville est au cÅ“ur de vos préoccupations. Tous vos élus, sans exception, font de cette question une priorité. Il importe donc de ne pas céder à la fatalité. Des pistes de réaffectation des bâtiments existent, notamment dans le domaine des services à l’enfance et à la jeunesse. J’ai la volonté de proposer des projets qui permettront un passage important des familles et donc une présence confortée en centre-ville.
L’éducation ne serait pas un service prioritaire qu’on préfère lui substituer d’autres projets ?
Affirmer que la commune renonce à une politique d’attractivité du centre-ville, c’est se livrer à une polémique stérile.
Ah ? Serais-ce que nous devons renoncer à notre libre arbitre, sous le pretexte que les décision sont prises à notre place ?
La municipalité développe depuis 2008 une suite de choix favorables à notre centre-ville :
la restructuration de la Médiathèque et de l’esplanade Pomel ;
C’est une bonne chose, soit, mais combien de fois par semaine les habitués vont aller à la médiathèque même rénovée ? Autant qu’il vont à l’école ?
la rénovation du cinéma, que je souhaite à son emplacement actuel ;
Le cinéma, c’est très bien. Mais à raison de 3 ou 4 séances par jour maxi, est-ce que vraiment c’est suffisant pour compenser ?
La perspective de l’implantation d’une nouvelle école de musique ;
La création d’une liaison douce reliant la zone du Mas au centre-ville ;
L’installation de l’Office de tourisme Place Saint-Paul et la volonté de réutiliser au mieux les locaux libérés Place du Général de Gaulle.
Ah oui, ça parait tellement évident… Ça va révolutionner le centre-ville… De qui se moque-t-on ?
Bien que douloureuse dans le cÅ“ur de tous les Issoiriens, la décision rationnelle de renoncer au groupe scolaire du Centre n’empêche donc pas d’imaginer l’avenir du centre-ville de manière dynamique et ambitieuse. Chacune et chacun d’entre vous peut y apporter sa contribution, notamment dans le cadre des actions menées par l’Office de Commerce. Je reste, ainsi que vos élus, à votre écoute pour envisager les mesures qui conforteront la vitalité et le développement du centre-ville.
Je vous prie de croire, Mesdames, Messieurs, Ã l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Rationnelle ? Pour avoir un avis rationnel il faudrait avoir un vrai compte-rendu. Et pour accepter un tel bouleversement, il faudrait que le projet soit accompagné d’une vraie gestion du changement. Et là … on en est à des années lumières.
Ce blog a été crée en réaction à la décision de la mairie d'Issoire de fermer deux écoles du centre ville. Nous trouvons que cette décision irresponsable mérite un peu plus qu'un communiqué laconique nous plaçant devant le fait accompli. Les parents, les enfants et les professeurs concernés s'y opposent fermement !