Le vendredi 3 avril, aussitôt l’annonce faite par la directrice de l’école, nous avons été une poignée de parents à nous rendre spontanément à la mairie. Après une courte discussion animée avec l’adjointe en charge des questions scolaires (présente par hasard ?) et le directeur de cabinet du Maire, nous avons rencontré le Maire dans la salle du Conseil Municipal.
Voici un résumé de son discours et ses arguments principaux :
- l’état des bâtiments, leur taille et leur possibilité d’évolution (comprendre agrandissement)
- l’accessibilité en voiture
- la nécessité de la réduction de l’immobilier scolaire pour « réimplanter les enfants » (j’ai beaucoup aimé l’expression !)
- les effets d’économie qui au final font de cette fermeture une opération favorable pour les contribuables

Monsieur le Maire nous a également rassuré sur des « usages prévisibles » pour les locaux.

Un discours auquel il n’est pas trop difficile de répondre :
- les bâtiments des écoles du centre sont anciens : soit, on a peu construit dans les années 60-70 en centre-ville
les bâtiments des écoles du centre sont les plus petits et les moins extensibles : soit, mais ils répondent parfaitement aux besoins des habitants du centre-ville. Ces écoles ont des effectifs stables, ce qui n’est pas le cas de toutes les écoles de la ville et n’auront, par définition, jamais une croissance exponentielle puisque le centre-ville n’est pas lui-même extensible !
- ces écoles, bien qu’en centre-ville, sont tout de même accessibles en voiture même s’il existe peu de places de parking à proximité. Mais le plus important, c’est surtout d’observer ce qui se passe aux heures d’entrée et de sortie de classe. A l’école du Centre, la majorité des parents viennent à pied et le peu de place de parking suffit amplement. Une preuve évidente : l’absence systématique de bouchon dans la rue à ces heures, ce qui n’est pas le cas devant les autres écoles où les parents s’entassent au plus près de l’entrée…
- un immobilier coûteux pour la commune en regard des effectifs scolarisés ? soit, on veut bien le comprendre, mais concertons-nous pour y réfléchir (tous, y compris les enseignants et parents d’élèves des écoles du Centre, curieusement absent du groupe de travail). Il est sûrement possible de faire des économies ailleurs plutôt que sur la qualité de l’école, j’y reviendrai plus tard.
la « réimplantation » de nos enfants dans les autres écoles ne poserait pas de problème ? « pas plus qu’un simple déménagement » nous répond l’adjointe… soit, mais il faudra en priorité se poser la question des enfants en situation de handicap qui risquent de ne plus être scolarisés en 2010…
- une décision qui est favorable aux contribuables et qui ne pénalise que quelques centaines d’enfants, c’est forcément une bonne décision ??????????? depuis quand la gauche s’intéresse en priorité aux contribuables plutôt qu’à la qualité de l’enseignement ?

Pour terminer ce commentaire de texte, il ne faut pas oublier de préciser que les locaux, petits, vétustes, inaccessibles et non évolutifs de l’école maternelle du Centre pourraient être recyclés en crèche !!!

Calcul mental

8 avr 2009 Dans : regroupement collectif du centre

Faisons un peu de calcul :
En moyenne…
Il faut environ 5 minutes pour aller à pied de la maison à l’école du Centre pour la plupart des familles qui habitent dans le centre ville.

Il faudrait environ 20 minutes pour rejoindre une autre école de la ville sans déménager.

Sachant que ce trajet est réalisé 4 fois par jour par les enfants et 8 fois pour les parents (pour ceux qui ont la chance de les conduire eux-mêmes bien sûr).

Aujourd’hui, les enfants de maternelle font donc environ 4 x 5 = 20 minutes de marche à pied. C’est agréable, surtout quand il fait beau ! C’est important aussi : on finit de se défouler, on en profite pour acheter le pain avant de rentrer et on dit bonjour aux voisins !

En 2010, les mêmes enfants feront environ 4 x 20 = 80 minutes de marche à pied.

On change de registre. C’est beaucoup moins agréable, surtout quand il pleut. C’est beaucoup plus fatigant, on s’est un peu trop défoulé avant le goûter, en plus on fait un détour pour acheter le pain et il faut faire attention aux voitures en traversant toutes ces rues et boulevards.

Vous avez dit un changement facile à mettre en œuvre et sans conséquence majeure pour les enfants ???

À cela, il faut ajouter les parents et les assistant(e)s maternel(les) qui font ce trajet 8 fois par jour avec des poussettes (sur des trottoirs et des routes qui leur sont parfaitement inadaptées) ou des petits en bas âges qui commencent à marcher…

Quant à tous les parents qui prendront leur voiture pour faire ce trajet alors qu’ils étaient piétons jusqu’à présent… mais aussi les (nombreuses) familles qui ont fait le choix (parfois économique, parfois écologique, parfois les deux) de vivre sans voiture et donc d’habiter le centre-ville…

Allez, j’y reviendrai dans un autre billet.

Premières actions

8 avr 2009 Dans : regroupement collectif du centre

Samedi matin, 4 avril, lendemain de l’annonce de la décision de fermeture du groupe scolaire du centre, les premières actions de contre-attaque ont été mises en œuvre.

Deux parents d’élèves ont rencontré Jean-Paul Bacquet, député PS qui tient sa permanence à Issoire tous les samedi matin. Après plus d’une heure de discussion, rien n’en sort : selon lui, le Maire a pris la bonne décision, la rationalisation s’impose.

Sur le marché, malgré le froid, des tracts sont distribués et l’on recueille les premières signatures sur la pétition. C’est aussi l’occasion de rencontrer des enseignants du lycée Murat, également touchés par la fermeture prochaine de classes. A part quelques réticences, les réactions sont unanimes : fermer une école en centre ville ? mais que va devenir Issoire ???

Nous faisons également le tour des commerçants pour leur proposer d’afficher sur leur vitrine une affichette « NON à la fermeture du groupe scolaire du centre ». A part les banques qui n’ont pas l’autorisation de faire un affichage extérieur, là encore, les réactions sont unanimes. Les commerçants ne comprennent pas la position de la municipalité vis-à-vis du centre-ville.

Extrait du journal La Montagne du 06/04/2009 :

La Montagne 06/04/2009

La Montagne 06/04/2009

À l’attention de Mesdames et Messieurs les conseillers

Lundi 06 avril 2009

Chers collègues,

Vous avez appris par la presse ou par le bouche-à-oreille la proposition du groupe de travail sur l’avenir des écoles de réduire le format scolaire de la ville d’Issoire de cinq à quatre groupes en fermant les écoles du Centre à la rentrée 2010.

Je tenais à revenir sur l’élaboration de cette proposition sur laquelle je souhaite que nous délibérions lors du prochain conseil municipal. Il me semble en effet primordial que chacun d’entre vous considère cette proposition sous le double-éclairage du processus de concertation engagé il y a près d’un an et des raisons de fond qui la justifient.

La question de l’avenir des écoles n’est en effet pas nouvelle. Devant la chute du nombre d’élèves de 1800 à 1150 en à peine 15 ans, mon prédécesseur avait tenté d’apporter une réponse au phénomène récurrent et généralisé de fermeture de classes, !e risque étant celui d’une « ruralisation » des écoles d’Issoire. Chacun se souvient que le projet de fermeture de l’école de Barrière n’avait pas abouti, sans doute faute de temps laissé à l’élaboration d’un consensus.

Il y a un an, j’ai décidé de remobiliser le groupe « avenir écoles » avec pour mission d’élaborer un diagnostic partagé sur l’état des bâtiments, sur les avantages et inconvénients de chaque établissement au regard des perspectives démographiques et de l’évolution des normes. Lors d’une réunion avec l’ensemble des directeurs d’écoles et des représentants de parents d’élèves, le groupe a été composé de la façon suivante : 5 représentants des groupes scolaires, 4 représentants des fédérations de parents d’élèves, 2 représentants des parents d’élèves non-affiliés, 4 membres de la commission « écoles » du conseil municipal.

Ce groupe, dont j’ai régulièrement évoqué le travail en conseil municipal, a visité toutes les écoles et élaboré un diagnostic partagé. Lors de la réunion du 2 avril, ce diagnostic a abouti à la conclusion unanime qu’il était pertinent d’envisager la fermeture d’un groupe scolaire. Aucune des personnes présentes – dont le directeur de l’école Albert-Buisson et la directrice de l’école du Palais – ne s’est prononcé contre la fermeture des écoles du Centre.

C’est donc ce long travail de concertation qu’il conviendra de respecter et de prendre en compte quand il s’agira de prendre position en conseil municipal. Je comprends que certains d’entre vous aient eu une réaction de surprise, n’ayant pas été directement associés au groupe de travail. Je ne pouvais cependant présager la proposition retenue à l’unanimité jeudi dernier ; la proposition a immédiatement été relayée à l’extérieur par certains membres du groupe de travail, devançant le débat que nous devrons avoir lors du prochain conseil municipal.

Sur le fond, cette fermeture est justifiée par plusieurs aspects ; la vétusté des bâtiments qui n’offrent pas de possibilité d’extension, le manque de place obérant le développement du périscolaire (cantine, garderie, études…), les travaux importants qu’il faudrait réaliser pour une mise en accessibilité, le manque de fonctionnalité des abords. Les autres groupes présentent au contraire un potentiel d’évolution et permettent d’envisager une modernisation à moindre frais, A titre d’exemple, le coût du seul transport des élèves du Centre au restaurant-municipal s’élève à 38000 euros ; i! est donc avantageux et préférable de pouvoir organiser la restauration au sein de l’espace scolaire.

Face à un tel constat, ne rien faire signifierait :

1) Mettre en danger l’ensemble des groupes en entretenant la diminution généralisée des effectifs, le double-jeu de la sectorisation et des dérogations permettant au mieux une atténuation artificielle de cette tendance.

2) Continuer de penser que le budget municipal et les contribuables peuvent raisonnablement entretenir cinq groupes avec moitié moins d’enfants qu’il y a 30 ans et des normes d’hygiène, de confort et de sécurité renforcées.

Ce n’est pas la conception que je me fais de notre responsabilité d’élus municipaux. Un développement durable et qualitatif de l’offre scolaire de notre ville passe aujourd’hui par la fermeture d’un groupe, décision difficile mais nécessaire et profitable à tous. Si cette décision n’est pas prise aujourd’hui, elle sera tout simplement reportée à la prochaine mandature.

Reste le choix des écoles du Centre, choix contestable à première vue au regard de l’objectif que nous partageons tous d’agir pour défendre et conforter la vitalité du centre-ville. La fermeture des écoles ne signifie pas qu’il faille renoncer à une politique qui conduise à rendre le centre-ville plus attractif pour les jeunes ménages. Nous aurons à nous prononcer rapidement sur le destin des bâtiments qui abritent actuellement les écoles. Rien n’interdit d’envisager des logements ou des services publics qui permettent de densifier la fréquentation du centre-ville.

Il me semblait nécessaire de vous apporter ces éléments d’explication avant le temps du débat. Je ne suis pas sans savoir que cette décision est difficile et douloureuse pour tous les Issoiriens. J’ai écouté et je prendrai le temps d’écouter les réactions d’émotion légitimes. Les parents d’élèves ont été conviés à une réunion mardi 21 avril (18H, Animatis) afin d’aborder toutes les interrogations et de prendre en compte toutes les inquiétudes consécutives à cette annonce.

C’est pourquoi je vous demande, dans les semaines à venir, d’intervenir dans ce débat en mesurant bien la responsabilité qui est la nôtre et le travail effectué. Rien ne saurait légitimer une attitude excessivement polémique dans ce débat. Seuls le sens de la responsabilité par rapport aux données budgétaires, la question de l’avenir de nos écoles et de la qualité de l’offre pédagogique doivent guider notre positionnement.

Me tenant à votre disposition, je vous prie de croire, chers collègues, à l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

L’annonce de la mairie

6 avr 2009 Dans : regroupement collectif du centre

Voici la teneur du message qui nous accueillait vendredi matin :

COMMUNIQUE A L’ATTENTION DES PARENTS D’ELEVES DE LA MATERNELLE DU CENTRE ET DE L’ECOLE ELEMENTAIRE ALBERT BUISSON
Madame, Monsieur,
Depuis de nombreuses années, le paysage scolaire issoirien s’est profondément modifié : baisse constante et très importante sur 15 ans des effectifs scolaires occasionnant chaque année des fermetures ou craintes de fermetures de classes.

Les évolutions de la société entraînent de nouvelles attentes en termes  de  services  périscolaires   (cantines,  garderies, transports…) qui conduisent l’ensemble des partenaires éducatifs à entreprendre une réflexion profonde sur l’avenir des écoles publiques de la Ville.

Un groupe de travail paritaire, constitué de représentants élus de parents d’élèves, de directeurs d’école, de représentants de l’Education Nationale, d’élus a ainsi, depuis plusieurs mois, entrepris une étude approfondie sur la population scolaire issoirienne,  sur  les  locaux affectés  aux  écoles, sur l’environnement,  les  aspects  techniques  ainsi  que  les fonctionnalités scolaires et périscolaires.

La nécessité de rationaliser la structure des écoles de la Ville incite la Municipalité à recentrer ses écoles sur 4 groupes scolaires, à la rentrée de septembre 2010.

L’étude technique réalisée, l’analyse des conditions d’accueil des enfants dans les temps scolaires et périscolaires, démontrent que les écoles du Centre, les plus anciennes, sont les moins adaptées des écoles issoiriennes et ne disposent pas des possibilités d’évolution nécessaires.

Je suis très conscient des difficultés individuelles que peut occasionner cette décision, justifiée par l’amélioration pour tous, de la qualité d’accueil et je souhaite pouvoir vous rencontrer afin d’évoquer ensemble les modalités de sa mise en Å“uvre.

Je vous invite donc, Madame, Monsieur, à une réunion publique, organisée : le mardi 21 avril 2009 à 18 h à la Salle Animatis. En espérant que votre emploi du temps vous permette d’assister à cette rencontre, je vous prie d’agréer. Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Le Maire, Jacques Magne

Je passe sur le fait que ce communiqué était rédigé en utilisant la police d’écriture Comic sans MS, qui comme son nom l’indique sert à mettre du texte dans des bulles de bandes dessinées. On notera néanmoins l’effet d’une annonce sérieuse avec une police humouristique et on goûtera évidemment la blague amusante qui va avec. Non ? Ah, alors on se moque de nous ??

Rationalisation

6 avr 2009 Dans : regroupement collectif du centre

C’est en gros le premier mot que la mairie nous a donné pour justifier l’annonce qui a été faite vendredi dernier, le 03/04/09, à l’ouverture de l’école. Cette annonce est pour nous, une bombe, pleine de mauvaises nouvelles : la décision de fermer le groupe scolaire du centre ville d’Issoire. L’école maternelle et l’école primaire sont concernées, soit 8 classes, qui s’ajoutent aux autres fermetures annoncées dans les autres groupes de la ville. La raison principale est cette fameuse rationalisation et la baisse des effectifs globaux. Si on prend l’exemple, de la petite section de maternelle, qui représente 32 enfants, on imagine mal comment une baisse d’effectif pourrait être perçue de manière négative par les instits. Au contraire on peut aisément imaginer que 10 enfants de moins ne pourrait être que bénéfique à un meilleur travail. Au lieu de cela, en rationalisant, on s’attend à ce que la répartition des élèves sur les autres groupes ne fassent qu’augmenter le nombre d’élèves par classe. Comment fait-on avec 40 élèves de 3 ans à gérer pour leur donner les apprentissages fondamentaux ?